le gouvernement veut brader l’énergie nucléaire d’EDF

, par udfo28

Avis sur l’avant projet de loi de réforme du marché de l’énergie : le gouvernement veut brader l’énergie nucléaire d’EDF

Depuis les années 60, la France s’est lancée dans l’énergie nucléaire civile, avec le souci permanent de faire bénéficier les citoyens de l’électricité à un prix abordable, l’électricité n’étant pas une marchandise comme les autres mais un produit de première nécessité.

La France n’est pas responsable du fait que d’autres pays européens n’ont pas investi dans le nucléaire civil, qui se révèle le moyen le moins coûteux pour produire de l’électricité.

Depuis plusieurs années maintenant les gouvernements successifs ont cédé aux pressions des lobbyistes de l’Europe financière, et les engagements pris par le gouvernement français auprès de Bruxelles aboutissent à cet avant projet de loi, c’est un changement radical qui s’amorce.

En effet, ce projet de loi vise à obliger EDF à mettre à la disposition d’autres fournisseurs d’électricité 30% de l’électricité qu’elle produit.

Ceci est inacceptable pour l’afoc. D’autant plus, faut-il le rappeler, que la « rente nucléaire » est le bien commun de tous les Français à qui elle est redistribuée par l’intermédiaire des tarifs réglementés et par la redistribution des dividendes reçus par l’Etat actionnaire. Si cette redistribution est possible c’est parce que c’est une entreprise publique qui assure le lien. Disperser cette rente entre plusieurs opérateurs, en partie privés, c’est prendre un risque qu’on ne mesure pas assez, c’est faire un pari perdu d’avance, sur la pérennité de ces tarifs réglementés à moins que cela ne fasse partie du scénario.

Il est inadmissible que ces insatiables du secteur privé, avec l’aide du gouvernement et sur la base de considérations purement financières puissent se servir dans le parc nucléaire d’EDF, d’autant plus qu’EDF met déjà près de 20% de sa production nucléaire sur le marché via des enchères.

Cet avant projet de loi ne contient aucune incitation à investir, ce qui est grave au regard de la sécurité d’approvisionnement, alors même que cette dernière est déjà, depuis plusieurs années, fragilisée par le sous- investissement.

Le nucléaire nécessite d’énormes investissements et s’amortit sur le long terme. Le retour sur investissement est donc fort long. Les marges que réaliseront les concurrents d’EDF ne seront pas utilisées pour investir dans les moyens de production parce que ce qui prime à leurs yeux c’est la rentabilité financière à court terme.

EDF risque donc de reconsidérer sa stratégie et négliger l’intérêt général. Pourquoi l’entreprise investirait-elle aujourd’hui dans les moyens de production, si demain ce sont ses concurrents qui en tirent bénéfice ? En outre, l’immense majorité des ménages bénéficie aujourd’hui de l’électricité au tarif réglementé, qui est proposé exclusivement par EDF et révisé tous les ans par le gouvernement : ce tarif reste très stable du fait de son caractère très politique. Cet avant projet de loi indique que ces tarifs réglementés seront désormais fixés sur « propositions motivées » de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et non plus par l’Etat. Or la CRE a toujours été plus attentive au développement de la concurrence qu’à la protection des consommateurs.

Pour toutes ces raisons, l’afoc affirme qu’il faut maintenir un service public, fondé sur des règles sociales égales pour tous ; elle réitère donc son opposition à ce projet de loi et en demande son retrait.