intervention de Luc RENOULT rassemblement des postiers du 22 octobre 2009

, par udfo28

Chers collègues, chers camarades,

La Poste est actuellement un établissement public et le premier service public de proximité. Son rôle est crucial pour la collectivité encore plus en période de crise.

La transformation en société anonyme constitue la première étape d’une privatisation programmée de la poste. Les gouvernements successifs et direction de la poste ont dégradé la qualité du service postal en limitant les investissements répondant à l’intérêt général. Depuis 2002, plus de 6000 bureaux de postes sur 17OOO restructurés et plus de 5OOO emplois supprimés. La population est la première victime de ce désengagement. Cela se traduit par l’espacement des tournées, les délais croissant de livraison de courrier, les réductions d’horaires d’ouverture, l’allongement des files d’attente, quand le bureau de poste n’a pas été carrément supprimé. Une privatisation de la poste entraînerait une détérioration considérable du service rendu aux usagers. La rentabilité maximale et les choix financiers auraient priorités sur l’intérêt général.

Partout dans le monde, les privatisations des postes ont engendré une baisse de la qualité de service, l’augmentation des tarifs et d’importantes suppressions d’emplois. Pour le personnel il en résulte une diminution drastique de l’ordre de 30%, la généralisation de la précarité le nivellement vers le bas des salaires. En Europe la deutsche post a perdue plus de 15000 emplois et 4O OOO sont menacés dans l’ensemble du groupe. La poste Autrichienne supprime 9OOO emplois et 1/3 de ses bureaux, après en avoir déjà fermé 1 millier. Le même scénario ne manquerait pas de se reproduire en France, et en pire en pleine récession. Aujourd’hui la situation de l’emploi à la poste est extrêmement préoccupante. Déjà 43000 emplois supprimés ces 3 dernières années, 5000 bureaux transférés aux collectivités locales (APC) et 3000 autres bientôt touchés. A terme, c’est 60000 emplois qui sont menacés.

Pour tous les personnels, du courrier, de l’enseigne, de la banque postale et des différents services commerciaux ou techniques, les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles pour toutes les raisons suivantes : des services éclatés, des règles de gestion à géométrie variable, des centres de décisions multiples, un dialogue social trop souvent médiocre, des reconversions professionnelles douloureuses, des mobilités contraintes, une pression commerciale insupportable. L’augmentation de la productivité et des cadences alliée à la formule du « toujours plus avec toujours moins » engendre un stress grandissant ; la généralisation de la flexibilité des horaires de travail ne fait qu’aggraver les choses. L’inégalité salariale prédomine entre les agents, selon leur statut ou leur contrat. Les plus jeunes sont fragilisés par des salaires à minima.

A ce rythme là, c’est le service public dans son ensemble qui est amené à disparaître alors que nous, postiers y sommes profondément attaché ; pour nous le fait de travailler pour la population est porteur de sens car nous avons le sentiment de participer au développement d’ une société plus solidaire, d’aider à une meilleure cohésion sociale. Il ne faut pas tuer cette motivation surtout en cette période. Le service public est aujourd’hui de plus en plus au centre du débat national. En quelques mois , l’exemple du système bancaire soi-disant régi par la main invisible des marchés a montré ses limites. La Poste, premier employeur de France a donc un grand rôle à jouer et peut participer à inverser la tendance du dogme libéral qui de toute manière est en train de se fissurer.

Dans notre département, plus de 50 bureaux de Poste ont déjà disparu en seulement 3 ans et combien d’autres à venir ? la fermeture du CTC soit disant remplacé par la PPDC de Gellainville et le non remplacement du personnel partant en retraite opère une coupe franche dans les effectifs de la Poste en Eure et loir.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut porter un véritable un coup d’arrêt au démantèlement du service public postal et qu’il faut coûte que coûte obtenir l’annulation de ce projet de loi et ainsi nous porterons également d’autres coups :

- à la loi Bachelot de destruction de la sécurité sociale et de l’hôpital public

- à la RGPP qui démantèle la fonction publique et prépare des plans massifs de licenciements

- à la politique de destruction de l’école publique et à la suppression de milliers de postes d’enseignants

- pour redonner espoir aux salariés du privé confrontés au plans de licenciements qui ne cessent de s’abattre sur eux

DEFENDRE LE SERVICE PUBLIC POSTAL, C’EST AUSSI DEFENDRE L’ECOLE PUBLIQUE, L’HOPITAL PUBLIC ET AINSI REDONNER UN AVENIR A NOS ENFANTS AU MOMENT OU PLUS DE 600 000 JEUNES ARRIVENT NON PAS SUR LE MARCHE DU TRAVAIL, MAIS CELUI DU CHOMAGE.

Retrait du projet de loi postale !

Non à la privatisation de la poste !

Retour à une vrai poste d’état !

Statut de la fonction publique pour tous les postiers

Et avec Force Ouvrière, vive le syndicalisme libre et indépendant !