Les plans de départs volontaires : un exercice finalement bien difficile !

, par udfo28

Les plans de départs volontaires se multiplient, principalement dans les grandes entreprises. Parfois même, ils se succèdent les uns aux autres et peuvent porter sur des centaines voire des milliers de salariés. A priori mieux acceptés socialement, ils sont pourtant, eux aussi, sources de nombreuses tensions et de frustrations.

Formatés pour défendre l’emploi dans leurs entreprises, les organisations syndicales et, d’une façon générale, les représentants du personnel sont ici confrontés à un exercice très délicat où il n’y a que des coups à prendre. Ils sont sous la pression de la direction et tiraillés entre ceux qui veulent garder leur emploi et ceux qui veulent absolument partir. Et doivent en même temps se préoccuper des problématiques liées aux charges de travail des rescapés qui resteront dans l’entreprise !

Certaines de leurs initiatives, mêmes légitimes, peuvent déplaire aux intéressés comme la contestation du plan en justice au motif par exemple que l’ensemble des départs ne leur paraît pas vraiment « volontaire ». Alors tous les heureux élus prêts à partir leur reprochent de retarder leur sortie et la mise en œuvre de leur projet personnel !

Parallèlement, il faut gérer la frustration de ceux dont le départ volontaire est refusé au motif qu’ils sont jugés indispensables à l’entreprise. Trop de volontaires, pas les bons volontaires : l’adéquation parfaite entre le nombre de postes à supprimer et le nombre de volontaires au départ, service par service, catégorie par catégorie, poste par poste, est bien illusoire ! Avec la démotivation et la perte de confiance dans certaines entreprises en restructuration constante depuis des années, les wagons font en effet souvent le plein ! Les quinquas sont souvent les premiers sur la ligne de départ bien qu’aujourd’hui les préretraites maison, très attractives pour eux, ne soient plus trop dans l’air du temps….

Pour l’entreprise, pour ceux qui restent, pour les représentants du personnel qui doivent s’en préoccuper, c’est une perte sèche de savoir-faire, que la direction ne maîtrise pas totalement ou dont elle préfère momentanément ignorer les impacts, soucieuse dans l’immédiat d’atteindre le nombre requis de postes en moins.

Espoirs collectifs déçus et autre forme de traumatisme lorsque les départs volontaires au contraire ne font pas le plein et qu’il faut passer aux départs contraints !

Pas la panacée donc, ni une sinécure... Un moindre mal alors ?

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