Brève approche terminologique

, par udfo28

Lorsqu’on aborde l’égalité professionnelle, chaque mot a son importance. Il convient de parler le même langage, c’est pourquoi nous vous proposons quelques définitions.

• EGALITE : Fait d’être sur le même rang, d’avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. Tous les individus peuvent invoquer les mêmes droits. Ainsi l’égalité peut se concevoir comme l’attribution d’une valeur identique à chaque individu ainsi qu’un ensemble identique de droits et de devoirs qui ne peuvent pas être conditionnés par l’appartenance à l’un ou l’autre sexe.

Par ailleurs, la notion d’égalité ne doit pas être confondue avec celle d’identité. En effet, dire des individus qu’ils sont égaux ne signifie pas qu’ils sont identiques. Ainsi promouvoir l’égalité ne doit pas conduire à nier les différences.

Il existe deux notions d’égalité :

• L’égalité « formelle » : celle que l’on retrouve dans les textes internationaux et dans les textes constitutionnels français avec par exemple la devise de la république française : liberté, égalité, fraternité.

• L’égalité « réelle » comme l’égalité de traitement, l’égalité de résultat et l’égalité des chances

• DIVERSITE : Fait d’être multiple, varié, de comporter des éléments différents Notion récente qui est l’héritage de politiques pratiquées aux Etats Unis qui visent à faire cesser une discrimination vis-à-vis d’une minorité, souvent à l’aide de quotas. Ces politiques s’appliquent aux populations discriminées et minoritaires tel que les handicapés ou certaines minorités ethniques. Les femmes, notamment dans l’accès aux postes de pouvoir sont aussi considérées, dès lors, comme une minorité.

• MIXITE : Fait d’être formé de deux éléments de nature différente, sans que ces deux éléments soient forcément d’importance égale. C’est la terminologie qui est la plus souvent utilisée car elle est aussi la plus simple à mettre en œuvre : introduire la mixité consiste à féminiser une profession traditionnellement masculine, ou inversement à faire entrer des hommes dans des professions traditionnellement féminines.

• PARITE : Fait d’assurer une répartition égale entre deux groupes La parité est perçue comme la reconnaissance d’un processus de participation des femmes sur un pied d’égalité avec les hommes à tous les niveaux et dans tous les aspects du fonctionnement d’un groupe. Mais aussi égalitariste soit-elle, la parité n’en demeure pas moins un quota fondé sur le sexe.

• DISCRIMINATION : Fait de traiter de manière différente des individus égaux en droits et placés dans des conditions identiques, sur la base de critères tels que le handicap, l’appartenance à un groupe racial, sexuel, religieux, politique, etc.

La discrimination peut être qualifiée de :

• directe : c’est le fait d’une situation dans laquelle, sur le fondement de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation sexuelle ou son sexe, une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable ;

• indirecte : c’est le fait d’une disposition, d’un critère ou d’une pratique neutre en apparence, mais susceptible d’entraîner, pour l’un des motifs mentionnés au paragraphe précédent, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d’autres personnes. La discrimination peut être licite lorsqu’elle porte sur un critère ou un motif admis par la loi. L’inégalité qui en résulte entre les individus est donc de droit. Ainsi en est-il des droits liés à la protection de la maternité.

Enfin la discrimination est dite positive lorsqu’elle vise à mettre en œuvre des mesures compensatoires et souvent temporaires en faveur des femmes, afin de corriger les inégalités et de rétablir l’égalité entre les hommes et les femmes.

• PLAFOND DE VERRE : Expression qui désigne, dans une structure hiérarchique, l’ensemble des pratiques sociales qui s’opposent à l’égalité des individus.

Dans le milieu professionnel, le plafond de verre est une espèce de frontière invisible qui empêche les femmes d’accéder aux niveaux supérieurs et qu’elles ne parviennent pas à dépasser. Cela renvoie à la notion de ségrégation verticale.

• EQUITE : Fait de traiter de manière juste, voire équilibrée. C’est une notion qui pour être généreuse n’en est pas moins dangereuse en ce qu’elle relève de l’arbitraire et autorise des interprétations multiples pouvant conduire à des discriminations ou des disparités de traitement. Elle est ambiguë et renvoie à une organisation hiérarchisée. L’équité n’est pas le droit. En l’appliquant à la question des inégalités salariales par exemple, elle pourrait conduire à verser aux salariés des deux sexes un salaire calculé sur la moyenne des salaires masculins et féminins et non un salaire égal pour un travail égal ou de même valeur, ainsi que le prévoit l’article L.3221-2 du Code du travail.

• SEXISME : Attitude de discrimination en fonction du genre conduisant à une hiérarchisation des sexes. Le généralement en défaveur des femmes et encourageant des pensées stéréotypées. Il importe donc de ne pas traiter la différence entre les hommes et les femmes en termes d’infériorité ou de supériorité. Contrairement à d’autres formes de discrimination, le sexisme est encore trop souvent insidieux ou banalisé.

• GENRE : Concept qui se réfère aux différences sociales entre les femmes et les hommes, acquises par le biais d’une construction sociale et psychologique. Il peut donc renvoyer à des représentations différentes selon le temps, le lieu, la culture... Cette notion est souvent associée à celle de « gender main streaming » (approche du genre) qui préconise de traiter la question de l’égalité entre les femmes et les hommes de façon intégrée et permanente dans toutes les élaborations de politiques ou prises de décision. On parle alors d’intégration de la dimension du genre.

• QUOTA : Mesure arithmétique consistant à imposer un pourcentage prédéfini d’individus d’une catégorie visée (par exemple les femmes) au sein d’un groupe.

En matière d’égalité professionnelle, l’instauration de quotas revient à considérer les femmes salariées comme une minorité alors qu’elles représentent près de la moitié du salariat. Les quotas ne permettent ni de régler la question de l’équilibre entre les femmes et les hommes car ils se heurtent à des difficultés de mise en œuvre et sont sources de nouvelles injustices, ni de s’attaquer aux causes des inégalités entre les femmes et les hommes.